Dimitri Neyt

’t Zit tegenSteven Heyse

07.12.2017 - Pick a human

Steven : copywriter le jour, phénomène hip hop la nuit

Durant les heures de bureau, Steven Heyse travaille à Gand, en tant que copywriter chez Onlyhumans, où il rédige des articles de blog à la fois informatifs et inspirants à propos de l’immobilier, des poignées de porte et de la photographie. Les chances sont grandes que vous ayez un jour, sans le savoir, lu un article écrit de sa main en effectuant vos recherches sur internet. Cependant, Steven possède aussi une passion qui le propulse cette fois sur le devant de la scène. Durant son temps libre, Steven H se transforme en effet en véritable phénomène hip-hop. « Pour être honnête, je n’y connais fichtrement rien à la musique, mais j’ai su utiliser ce point faible comme un atout. »

« J’exploite le maximum de mes talents »

Le « LL Cool J de Kaster », comme l’a autrefois qualifié Studio Brussel, a commencé à jouer de la musique à 16 ans. « Dans les années nonante, je jouais au sein d’un groupe d’indie rock en tant que batteur. Ce n’est que quelques années plus tard, alors que j’étudiais la communication en haute école, que je me suis rendu compte que les textes que nous écrivions ne ressemblaient en fait absolument à rien », explique Steven. Le grand saut dans la dimension de la carrière solo, Steven l’a fait une fois ses études achevées, alors que ses différents groupes avaient décidé de mettre leur « carrière » musicale en pause. Cette fois, le chanteur à ses heures perdues était bien décidé à chanter dans sa propre langue maternelle, une langue aussi incompréhensible pour nous que l’anglais l’était à l’époque pour Steven : le ouest-flandrien.

Steven H : « Ma musique naît de mes limites. Je n’y connais rien à la théorie de la musique, je ne maîtrise aucun instrument harmonique ou mélodique et ne possède pas une belle voix pour chanter. En fait, je fais tout simplement ce qu’il me plaît. En tant que batteur, il est difficile d’envisager une carrière solo. J’ai donc commencé à explorer les possibilités musicales qu’offrait mon ordinateur et ai enregistré ma première chanson solo de style hip-hop. En fait, je transforme mes faiblesses en points forts et tire le maximum de mes capacités existantes : écrire des textes à propos de mes expériences personnelles, rapper en ouest-flandrien et jouer avec les différents beats… »

« Quand on y pense », ajoute Steven, « écrire des chansons ou des articles de blog n’est pas si différent. Vous devez assembler des mots pour produire un résultat de qualité, alors que de nombreuses limites vous sont imposées. Pensez par exemple aux rimes, à la mesure et à l’instrumentation en musique. Lorsque vous rédigez un texte aussi, les contraintes sont légion : que souhaite le client ? Quels points pouvons-nous aborder ou non dans l’article ? À quoi ressemble le site sur lequel sera publié notre travail ? Le sujet, la longueur, le temps imparti… Autant de contraintes définies avant même d’écrire son premier mot.

 

Une expérience totale

Pour comprendre que dans l’univers de Steven, il est question de bien plus que de chant et de musique, il vous suffira de visionner l’un de ses clips vidéo, ou mieux, d’assister à l’une de ses représentations live. « Composer des chansons n’est qu’une infime partie de mon travail. Un clip vidéo léché, une pochette de CD originale et une prestation à couper le souffle font, selon moi, tout autant partie de l’expérience musicale. » Cela explique sans doute l’admiration de Steven pour le groupe américain d’indie rock Guided by Voices. « Leur musique est à l’extrême opposé de la mienne, mais le chanteur du groupe, Robert Pollard, s’assure que l’expérience soit totale pour les fans. Il crée par exemple ses propres pochettes CD grâce à la technique du collage, possède un style d’écriture unique, et imagine sur certains albums un faux nom de groupe pour chacune des chansons. Comment peut-on ne pas être fan !? »

Les 15 minutes de célébrité de Steven H

Il y a quelques années, tout s’est subitement accéléré pour Steven. Grâce à sa chanson « ‘t Zit tegen », le succès avait déjà frappé une première fois à sa porte en 2010, mais l’année 2012 a marqué un autre tournant dans sa vie de musicien amateur, lorsqu’il a pu se présenter devant le jury de l’émission Belgium’s got talent. « Je ne me suis pas inscrit moi-même, ce sont les producteurs de l’émission qui m’ont contacté », précise Steven. Et sa prestation n’est pas passée inaperçue ! « Après mon passage à la télé, ma boîte mail a littéralement explosé et les propositions de concert se sont multipliées. Ce qui m’a surpris, c’est que je n’ai rien fait de bien différent par rapport à mes autres représentations, si ce n’est que je me suis donné à 200 %. Cette soudaine exposition m’a permis de donner quelques-uns de mes meilleurs concerts à ce jour. »

Steven H a aujourd’hui quelque peu levé le pied. Il ne présente plus qu’un à deux clips vidéo par an et sort un nouvel album tous les trois ans. « Pour retrouver le succès d’autrefois, je devrais continuellement faire le buzz, voler l’attention. Il y a un côté amusant à cela, mais je préfère me concentrer sur la dimension créative de ma passion : rédiger des textes, imaginer des refrains entraînants, concevoir des pochettes, imaginer des scénarios de clips… En tant qu’artiste, c’est ce qui me procure encore le plus de satisfaction. »

Les règles d’or de la rédaction selon notre artiste

À l’époque de la sortie de « ‘t Zit tegen », notre collègue travaillait en tant que copywriter web au sein de la Chancellerie du Premier ministre. Depuis, il n’a cessé d’évoluer dans le monde de la communication en ligne. « Non pas que j’ai une passion pour le digital, je trouve la communication tout simplement passionnante », souligne Steven.

Celui-ci partage volontiers avec nous quelques enseignements tirés de sa passion musicale et qu’il applique souvent pour son travail de content marketeer :

  1. Le content marketing ne se limite pas à la rédaction de textes, il s’agit d’offrir une expérience totale aux internautes.
  2. Aussi bons qu’ils soient, vos textes n’auront aucune utilité si personne ne les remarque. Vous devez sortir du lot.
  3. Vous devez présenter une histoire authentique. Les lecteurs ne sont pas dupes et sauront distinguer ce qui est crédible de ce qui ne l’est pas..
  4. C’est en forgeant que l’on devient forgeron. Pour acquérir une belle plume, vous devrez gratter du papier. Steven H : « Le syndrome de la page blanche m’est tout simplement inconcevable. L’inspiration ne tombe pas toujours du ciel, certes, mais si vous restez ouvert au monde qui vous entoure, vous finirez toujours par vous souvenir de faits ou d’informations intéressantes pour votre article. Vos travaux de moindre qualité tomberont souvent dans l’oubli, tandis que vos chefs-d’œuvre resteront dans les mémoires. En tant qu’artiste ou que copywriter, vous acquérez en outre sans cesse de nouvelles compétences. »

Dimitri Neyt

Dimitri est copywriter et project manager. En dehors des heures de travail, il aime se balader avec son vélo seconde main, tenter de nouvelles recettes de cuisine ou écrire des articles pour Wikipédia. Eh oui, on n’écrit jamais assez !

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